Les éditions equi-librio poursuivent leur travail: deux nouveaux livres bilingues français-espagnol seront disponibles début avril sur le sitewww.equi-librio.net
Pour Teresa… (Silvia Lázaro Díaz – Espagne) nous plonge dans l’Espagne des années 70, celle de la fin du franquisme et de la Transition démocratique, en Andalousie. Le récit déroute quelque peu : la narration est fragmentée, l’ordre chronologique est bouleversé. C’est que le personnage de Teresa, comme nous le dit l’auteur dans son avant-propos, représente (c’est bien le mot : le récit nous place devant une représentation théâtrale) une multitude de femmes ; il cristallise les souffrances, les joies et les luttes féminines de son époque. C’est aussi que l’histoire de Teresa rencontre l’Histoire espagnole ; l’oppression qu’elle subit est celle de la société tout entière. Le personnage apparaît comme reflété par les éclats d’un miroir brisé, et son histoire personnelle s’insère dans le bouleversement historique que connaît le pays.Une écriture poétique, des personnages attachants.
Les ombres du jaguar (Nouvelles de Francisco Alejandro Méndez – Guatemala) : Des jaguars fantomatiques, un chat alcoolique et suicidaire, une chienne pitbull nommée « poupée », un serpent à l’apparence humaine qui hypnotise ses proies, douze mouches et leurs « petites bouches fraîches », un panda qui rend fou militaires et chefs d’État, tel est l’étrange bestiaire que nous présente Francisco Alejandro Méndez dans ce recueil de nouvelles. Comme dans tous les bestiaires, on l’aura compris, c’est bien des hommes dont il est question ici. Dans Les ombres du jaguar, le lecteur suit les aventures de deux journalistes et constate, à travers l’objectif du photographe et les observations de son compagnon, les ravages de toute nature que subit le pays. La nouvelle suivante, Morgan, met en scène une jeunesse désespérée, dans une impasse autodestructrice. Poupée nous raconte, à la première personne, sa vie de chien. Le grand Fascinateur plonge dans l’univers carcéral, un monde impitoyable où tout s’achète et tout se vend, où la corruption est la règle. Dans Travail de famille, un exercice de style particulièrement réussi, il est question (entre autres sujets) de frustration, de solitude, d’une impossible communication. La dernière nouvelle, Les trophées de Benedicto, met en scène un panda et ses visiteurs ; l’effet que produit ce symbole de paix et d’harmonie sur les brutes qui mènent le monde est plus que surprenant.
Le communiqué commun des onze partis et organisations de gauche
- par hougevy
Le communiqué commun des onze partis et organisations de gauche
Les partis et organisations de gauche réunies mardi 3 février à Paris se félicitent de l'ampleur du succès de la mobilisation sociale du 29 janvier. L'importance des grèves et des manifestations qui ont marqué cette journée témoigne d'un rejet massif des choix politiques du gouvernement Sarkozy-Fillon, marque une colère légitime face aux vagues actuelles de licenciements et de suppressions d'emplois, dans le privé comme dans le public, confirme l'exigence d'un « bouclier social » à l'opposé du « bouclier fiscal » pour les plus riches, et de mesures en faveur de l'emploi et des salaires à l'opposé des choix du gouvernement qui distribue sans contrepartie des milliards aux banques et aux grandes groupes.
Le message de la journée du 29 janvier est clair. Ce n'est pas au monde du travail, à la population de payer la crise. Contrairement à ce que vient d'affirmer le Premier ministre, la journée du 29 janvier porte clairement la demande d'un changement de cap, notamment sur les questions des salaires, de l'emploi, des services publics. Nicolas Sarkozy et le gouvernement ne peuvent se dérober à ces exigences et ignorer les grands axes avancés dans la plate-forme syndicale unitaire.
Plus largement, un très grand débat public est nécessaire dans le pays sur les mesures alternatives aux choix politiques actuels qui permettront de s'attaquer réellement et efficacement aux racines de cette crise et d’imposer une autre répartition des richesses et un autre type de développement.
Les organisations réunies apportent leur soutien aux mobilisations qui se développent ces jours ci dans l'éducation, dans l'enseignement supérieur et la recherche où le gouvernement doit revenir sur la loi Pécresse et ses décrets d'application, dans les hôpitaux et la santé, où l'inscription à l'ordre du jour du Parlement le 10 février prochain du projet de loi Bachelot doit être annulée. Parce que ces textes représentent des attaques inacceptables contre les services publics, elles appellent à prendre et à soutenir dans les jours qui viennent les initiatives nécessaires pour les combattre.
Elles s'alarment dans ce contexte des atteintes répétées aux libertés publiques et syndicales, qui en cherchant à intimider les mouvements de contestation, conduisent à une inquiétante dérive autoritaire du pouvoir qu'elles ne peuvent accepter.
Enfin, elles tiennent à apporter leur soutien à l'imposant mouvement social qui mobilise depuis plusieurs semaines la Guadeloupe, et demandent au gouvernement d'engager au plus vite de réelles négociations sur les revendications exprimées, notamment sur la question du pouvoir d'achat.
Les organisations réunies ont convenu de se revoir après l'intervention télévisée présidentielle du 5 février et la réunion des organisations syndicales prévue le 9 février pour décider de la suite de leur démarche commune en appui du mouvement social.
Signataires:
Les Alternatifs, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Lutte Ouvrière, le MRC, le NPA, le PCF, le PCOF, le Parti de gauche, le PS, Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolo.
Mettons la finance au service des citoyens!
- par hougevy
Pendant que F. Fillon et ses ministres étaient à Lyon, hier, pour annoncer 100, 1000, 10 000... (je ne sais plus) mesures pour sortir de la crise (cette calamité naturelle avec laquelle il faut bien vivre, mon bon monsieur, cet ouragan venu d'outre-Atlantique contre lequel nous ne pouvons pas grand-chose, à part prier avec le chanoine-président...), pendant ce temps-là, à Belém, au Brésil, le Forum Social Mondial lançait l'appel suivant (repris sur le site de cncd.be):
Centre National de Coopération au Développement
Appel
Mettons la finance au service des citoyens !
Appel soumis à la signature des associations, syndicats et mouvements sociaux. Forum social mondial, Belém, Brésil, le 1er février 2009.
La crise financière est une crise systémique qui s’inscrit dans le contexte de crises globales multiples (climatique, alimentaire, énergétique, sociale…) et d’un nouvel équilibre des puissances. Cette crise résulte de trente ans de transferts des revenus du travail vers le capital, tendance qu’il faut inverser. Elle est la conséquence d’un système de production capitaliste fondé sur le laissez-faire et qui se nourrit de l’accumulation des profits à court terme par une minorité, des déséquilibres financiers internationaux, de la répartition inégale des richesses, du pillage des ressources naturelles et de la privatisation des services publics. Cette crise frappe l’humanité dans son ensemble, à commencer par les plus vulnérables (les travailleurs, les chômeurs, les paysans, les migrants, les femmes…) et les pays du Sud, qui sont victimes d’une crise dont ils ne sont en rien responsables.
Les moyens utilisés pour sortir de la crise se limitent à socialiser les pertes en vue de sauver, sans réelle contrepartie, le système financier à l’origine du cataclysme actuel. Où sont les moyens pour les populations qui sont victimes de la crise ? Le monde n’a pas seulement besoin de régulations, mais d’un nouveau paradigme qui ramène la sphère financière au service d’un nouveau système démocratique fondé sur la satisfaction de tous les droits humains, le travail décent, la souveraineté alimentaire, le respect de l’environnement, la relocalisation de l’économie, la diversité culturelle, la priorité aux besoins sur les échanges, l’économie sociale et solidaire et une nouvelle conception de la richesse. C’est pourquoi nous demandons de :
--- Mettre les Nations unies, réformées et démocratisées, au cœur de la réforme du système financier, car le G20 n’est pas un forum légitime pour apporter les réponses adéquates à cette crise systémique.
--- Etablir des mécanismes internationaux, permanents et contraignants, de contrôle des mouvements de capitaux.
--- Mettre en œuvre un système monétaire international fondé sur un nouveau système de réserve et incluant la création de monnaies de réserve régionales, afin d’en finir avec la suprématie du dollar et d’assurer la stabilité financière internationale.
--- Mettre en œuvre un mécanisme global de contrôle public et citoyen des banques et des institutions financières. L’intermédiation financière doit être reconnue comme un service public garanti à tous les citoyens du monde.
--- Interdire les fonds spéculatifs et les marchés de gré à gré, sur lesquels sont échangés les produits dérivés et autres produits toxiques hors de tout contrôle public.
--- Eradiquer la spéculation sur les matières premières, à commencer par les produits alimentaires et énergétiques, par la mise en œuvre de mécanismes publics de stabilisation des prix.
--- Démanteler les paradis fiscaux, sanctionner leurs utilisateurs (individus, compagnies, banques et intermédiaires financiers) et créer une organisation fiscale internationale chargée d’enrayer la concurrence et l’évasion fiscales.
--- Etablir un nouveau système international de répartition des richesses par la mise en œuvre d’une fiscalité plus progressive au niveau national et par la création de taxes globales (sur les transactions financières, sur les activités polluantes et sur les grosses fortunes) pour financer les biens publics mondiaux.
Nous appelons les associations, les syndicats et les mouvements sociaux à converger pour créer un rapport de force citoyen en faveur de ce nouveau modèle au service du bien commun de l’humanité. Nous les appelons à multiplier les mobilisations partout dans le monde, notamment face au G20, dès le 28 mars 2009.
Marta Ruiz Chargée de recherche à Eurodad (European network on debt and development). Elle est économiste et diplômée d’étude spécialisée en coopération internationale.
Une très belle et charitable initiative du Nouvel Observateur que je m'empresse de faire connaître:
Le Sarkothon 2009
Le 28 janvier, Nicolas Sarkozy aura 54 ans, et il souffre d'une maladie, l'allergie à la littérature. C'est pourquoi nous lançons une grande opération thérapeutique: redonner le goût de la lecture à l'ennemi personnel de Mme de La Fayette.
Monsieur le Président,
Serait-ce à force d’admirer les chiffres sur le cadran de votre Breitling que vous avez pris les lettres en horreur? Vous nous rappelez sans cesse que le but de notre vie, c’est de gagner plus. Hélas, sous votre présidence, les Français n’ont plus d’argent. Des «cinq ou six cerveaux» que vous prête votre moitié, aucun ne semble stimulé par la chose écrite. La chose comptée vous importe seule, et il n’est pas jusqu’aux sans-papiers, êtres humains parmi les êtres humains, que vous ne dénombriez par paquets de mille. Un texte, semblez-vous demander, combien de divisions? Les richesses d’un livre, la multiplicité des tons et des voix sont lettre morte pour vous. Pourquoi reconduire à la frontière de votre conscience cette diversité-là?
Vous nous souhaitez bonne année dans la bibliothèque de l’Elysée, mais ses livres trop bien rangés montrent assez que vous n’en avez lu aucun; vous aimez à vous parer d’Aimé Césaire et de Claude Lévi-Strauss comme d’un people et d’un top model, et tout le monde sent bien que c’est pour le show et la chanson. Après cela, étonnez-vous, Monsieur le Président, qu’on aille vous classer dans la variét’. Et si, au lieu de «faire du chiffre», vous faisiez des lettres? D’où le Sarkothon 2009.
En guidant vos lectures, nous voudrions tempérer un peu votre «fureur d’accumuler», comme dit La Fontaine, et vous redonner le goût de notre patrie, de sa grandeur spirituelle et de son histoire littéraire. Puissent ces quelques ouvrages favoriser votre retour au pays natal.
«Surveiller et punir» de Michel Foucault*
• 17 novembre 2008:un maître-chien, accompagné de quatre gendarmes, lâche son molosse dans les classes de l’Ecole des Métiers du Gers à la recherche d’une substance illicite. 19 novembre: deux gendarmes lâchent un chien renifleur sans muselière dans une classe de troisième d’un collège de Marciac.
Le hussard noir de votre République, c’est donc le chien. Un maître idéal. On se lève quand il entre dans la classe. Avec un pareil pédagogue, nul besoin d’IUFM. Presque aussi servile que Xavier Bertrand, il a, comme Rachida Dati, ce «bon sens» si bien partagé qui consiste à emprisonner des mineurs de 12 ans. Et puis nulle lecture dangereuse ne parasite son pur esprit. Ce chien n’est pas homme à vous assommer avec un volume de Marcel Proust. Monsieur le Président, pour apaiser votre élan rintintinesque et sécuritaire, laissez-nous vous recommander très respectueusement «Surveiller et punir», un ouvrage où Michel Foucault déjoue les stratégies de criminalisation et d’enfermement. Parce que «l’école du respect» n’est pas l’école des chiens. Et parce que cette lecture vous changera de la conversation de Patrick Balkany. (*) Gallimard.
«Le Rire» de Bergson*
• «Il faut passer d’une politique défensive à une politique offensive en matière de diversité culturelle et de rayonnement de la culture française à l’étranger. » (Nicolas Sarkozy, à la convention UMP, janvier 2006.)
Nous voudrions attirer votre attention sur ce que vous appeliez, à l’époque heureuse où vous n’étiez que candidat, une «politique offensive»: un rapport sénatorial indique que l’on est passé de 173 centres culturels français en 1996 à 144 en 2008. Près de 30 antennes françaises à l’étranger rayées de la carte: ce n’est pas de l’offensive, mais de l’offense – à la langue, à la culture, au patrimoine français. Et nous passons, de peur de vous gêner, sur la promesse non tenue. L’image de la France, qui se ternit à chacun de vos déplacements à l’étranger (Grande-Bretagne, Vatican, Chine, Inde, Etats-Unis), se rétrécit à la même vitesse. Il est vrai que votre idée de la culture, qui se fonde sur le prestige médiatique de quelques amuseurs, ne s’exporterait guère. Il fut un temps où l’on envoyait un philosophe, Henri Bergson, auprès du président Wilson pour le convaincre d’entrer en guerre contre l’Allemagne. Vous y auriez envoyé Christian Clavier ou Bernard Tapie, l’Oscar de la gauche. Nous vous offrons donc «le Rire» de Bergson. Cadeau diplomatique. (*) PUF.
«La Culture générale pour les nuls» de Florence Braunstein et Jean-François Pépin*
• André Santini, secrétaire d’Etat à la Fonction publique, a annoncé, en décembre 2008, qu’il projetait de supprimer les épreuves de culture générale aux concours administratifs pour les remplacer par des «questions de bon sens».
Un serviteur de la République n’a que faire d’être un citoyen, de connaître des babioles comme la théorie de l’évolution, l’Immaculée Conception, la nuit du 4-Août ou Tartuffe. Sans doute cette idée s’inscrit-elle dans ce que vous appelez si drôlement «notre Renaissance intellectuelle, artistique et morale». Trêve de plaisanterie, Monsieur le Président, vous savez ce qu’est la Renaissance. Cela relève-t-il de votre bon sens ou de votre culture générale? On peut être bonapartiste, autocrate, ennemi de la liberté de la presse, et n’en défendre pas moins les humanités. Voyez Napoléon, qui dévorait Corneille et Racine. Il nous semble que vous sous-estimez les bienfaits de la culture générale, cette discipline où vous êtes passé maître et qui permet aux plus hautes autorités de l’Etat d’invoquer à tort et à travers les Lumières ou Jaurès. La pratique régulière de «la Culture générale pour les nuls» saura vous y convertir. (*) Editions First.
«L’Age d’or» de Pierre Herbart*
• «On peut aimer Célinesans être antisémite comme on peut aimer Proust sans être homosexuel.» (Nicolas Sarkozy, lors d’une conférence de presse en Inde, le 29 janvier 2008.)
En somme, vous assimilez l’homosexualité à une doctrine raciste. Justement, les antisémites nazis mettaient les homosexuels dans les mêmes chambres à gaz que les juifs. Vous le saviez, pourquoi feindre de l’ignorer? Parce qu’au fond les homosexuels, pour vous, c’est folles, fiottes et compagnie. Mais vous ne pouvez pas le dire tout haut. Alors votre inconscient a parlé pour vous. Votre conscient aussi le fait parfois. «Je suis né hétérosexuel», avez-vous dit le 5 février 2007 sur TF1. Il n’y a pas de quoi être fier. On en a connu de peu ragoûtants, des hétérosexuels. Et puis qui sait ce que nous réserve l’avenir?
Vous ne seriez pas le premier à changer de cap en cours de route. Mais vous avez raison: Proust, si ce n’est pas de la littérature pour les pédés, c’est de la littérature de pédé, au singulier. Même si, comme vous, il se prétendait hétérosexuel-né. Nous vous offrons donc non pas du Proust, mais un des plus beaux livres d’amour qu’on ait jamais écrits, «l’Age d’or» de Pierre Herbart, «un livre, disait Jacques Brenner, qu’on ne voudrait mettre qu’entre des mains nettes». Nous prenons ce risque. (*) Le Dilettante.
«La République» de Platon et «la Guerre des Gaules» de César*
• «Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuable n’a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne.» (Nicolas Sarkozy, le 16 avril 2007.)
Vous n’aimez pas, n’est-ce pas, le latin et le grec? Cela coûte cher, cela ne sert à rien, il n’y a pas de débouchés. Vous êtes le premier président de la Ve République à le dire. Le premier à ne pas avoir honte de le penser. Ce que nous serions, sans Rome et sans Athènes, n’est pas votre souci. Le latin, le grec, oublions tout cela; faisons de l’informatique. «L’Etat n’est pas obligé de financer les filières qui conduisent au chômage», disiez-vous ce jour-là. Vous avez bien raison: les 20 millions de chômeurs supplémentaires que Juan Somavia, directeur général du Bureau international du Travail, prévoit pour 2009 ont manifestement gâché leur belle jeunesse à traduire Juvénal et Euripide. Même les hellénistes et les latinistes de chez Lehman Brothers n’ont plus de job. Bien fait pour ces bénédictins. Plongez dans «la Guerre des Gaules» de votre collègue César (Jules); et, pour le grec, «la République», parce que Platon y décrit un pays où, pour reprendre une expression qui vous est chère, les artistes et poètes, chômeurs professionnels, «n’ont pas vocation» à vivre. (*) Les Belles Lettres.
«La Princesse de Clèves» de Mme de La Fayette*
• «L’autre jour, je m’amusais à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur “la Princesse de Clèves” . Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de “la Princesse de Clèves”.» (Nicolas Sarkozy, février 2006.)
Que votre volonté soit faite, Monsieur le Président. Du passé faisons table rase. Kärchérisons toutes les fables qui façonnent notre grand récit national. Haro sur les «sadiques» et les «imbéciles». Vive les nihilistes! Discréditons l’effort, l’exigence, la subtilité. Claquons la porte des grands textes au nez de la petite guichetière. Vive notre président pilon! Gloire à l’autodafé d’Etat! Et disons à Mme de La Fayette, cette sœur spirituelle de Corneille: «Casse-toi, pauvre c…» «La Princesse de Clèves»? «J’ai beaucoup souffert par elle», avez-vous déclaré, en juillet 2007. Dans la peur d’être accusés de torture par Amnesty International, nous vous en adressons, non le texte intégral, mais le «Profil d’une œuvre». En vous souhaitant une prompte résilience. (*) Edition établie par Myriam Dufour-Maître et Jacqueline Milhit (Hatier).
Jacques Drillon et Fabrice Pliskin
VOUS AUSSI, donnez au SARKOTHON
VOUS AVEZ DES LIVRES, Nicolas Sarkozy n’en a pas.
Vous les avez lus, pas lui. Soyez solidaires et citoyens: offrez un livre à notre président!
AGISSEZ maintenant pour vivre mieux demain.
Faites un choix judicieux et utile. Et un beau paquet.
N'OUBLIEZ PAS d’inscrire sur votre envoi:
«Sarkothon 2009 du Nouvel Observateur».
Adressez-le à: Monsieur le Président de la République, 55, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris.
Un petit mot d’accompagnement n’est pas superflu. L’anniversaire du président ne se fête qu’une fois par an.
30 000 expulsions par an, c'est la honte
- par hougevy
photo Libération
Mercredi 21 janvier Lancement de la campagne "30 000 expulsions par an, c'est la honte"
Suite à l´annonce du nombre de ressortissants étrangers expulsés pour l´année 2008, SOS - Racisme dénonce la politique du chiffre en matière d´expulsion en initiant une campagne d´interpellation de l´opinion publique :
Parce que l´application de cette politique chiffrée est cause d´une inadmissible régression des droits et source de vies détruites, SOS - Racisme appelle le gouvernement à mettre fin à sa politique du chiffre en matière d´expulsions.
A Lyon, chaque nuit, de 60 à 100 personnes, par manque de place en centre d'hébergement d'urgence, risquent de mourir de froid.
Depuis plusieurs mois, l'accueil d'urgence des Sans Domicile Fixe à Lyon est saturé. Le 115 ne peut plus faire face à l’ampleur de la demande.
Chaque soir, alors que les températures sont devenues négatives, ce sont plusieurs dizaines de personnes qui font appel au 115, et qui faute de places, passent la nuit dans la rue.
Parmi eux, des familles avec des enfants en bas âge.
Cette situation nous ne l'acceptons pas.
Parce qu'il est inacceptable que la vie de ces hommes et de ces femmes soit mise en danger alors que l'Etat a la responsabilité de la protéger.
Nous demandons aux pouvoirs publics d’assumer enfin leurs responsabilités face à la situation actuelle.
Nous leur demandons de débloquer les moyens nécessaires pour assurer la mise à l'abri de toutes les personnes qui font appel au 115.
En tant que citoyens nous nous engageons à agir en commun pour que cesse ce scandale et pour que la question du logement fasse enfin l’objet de la politique qu’appelle la gravité de la crise actuelle.
Appel soutenu actuellement par : Les enfants de Don Quichotte, CGT, CFDT, FSU, SOLIDAIRES, UNSA
« Tarnac un rebondissement qui rend moins loquace les médias de meute
Tarnac Quand les média de meutes sont soudainement moins loquaces sur une revendication ayant pour sujet des sabotages de caténaires Sncf, des nouvelles qu’on ne trouvera pas sur les unes des Jt de Tv et les Radios du pouvoir Ump Avec Alliot Marie la Dcri et L’Ump tout est possible même les bobards les plus cyniques
Dimanche, dans les infos de France Inter nous avons entendu que : Après le sabotage des caténaires, et avant le déferlement des « anti-terroristes » à Tarnac, un communiqué posté à Hambourg, a été envoyé à un grand journal de Berlin.
Ce communiqué (en allemand) revendiquait le sabotage des caténaires, et rappelait le quatrième anniversaire de la mort d’un manifestant écrasé par un train transportant des déchets nucléaires !!!
Le journal berlinois n’a pas publié le communiqué, mais l’a évidemment transmis aux "Autorités"...
Comment est-ce possible que la police et la justice française ignorent la chose et continue à s’acharner sur "les 9 de Tarnac" ?
Comment est-ce possible que cette "brève" dérangeante ait été totalement ignorée ou occultée par tous : presse, télé, justice ... ? »
Voilà maintenant qu’on trouve de la dynamite dans les toilettes d’un grand magasin, avec une revendication tellement grossière qu’elle permet toutes les manipulations, et surtout le déploiement toujours plus massif de la police. « Cherchez à qui profite le crime », aurait dit Derrick dans un dernier souffle...
La petite dernière, pour la route :
M’est avis que le réchauffement climatique s’amorce. L’hiver sera chaud. Le chanoine et son équipe en ont déjà des sueurs.
« Tarnac un rebondissement qui rend moins loquace les médias de meute
Tarnac Quand les média de meutes sont soudainement moins loquaces sur une revendication ayant pour sujet des sabotages de caténaires Sncf, des nouvelles qu’on ne trouvera pas sur les unes des Jt de Tv et les Radios du pouvoir Ump Avec Alliot Marie la Dcri et L’Ump tout est possible même les bobards les plus cyniques
Dimanche, dans les infos de France Inter nous avons entendu que : Après le sabotage des caténaires, et avant le déferlement des « anti-terroristes » à Tarnac, un communiqué posté à Hambourg, a été envoyé à un grand journal de Berlin.
Ce communiqué (en allemand) revendiquait le sabotage des caténaires, et rappelait le quatrième anniversaire de la mort d’un manifestant écrasé par un train transportant des déchets nucléaires !!!
Le journal berlinois n’a pas publié le communiqué, mais l’a évidemment transmis aux "Autorités"...
Comment est-ce possible que la police et la justice française ignorent la chose et continue à s’acharner sur "les 9 de Tarnac" ?
Comment est-ce possible que cette "brève" dérangeante ait été totalement ignorée ou occultée par tous : presse, télé, justice ... ? »
Voilà maintenant qu’on trouve de la dynamite dans les toilettes d’un grand magasin, avec une revendication tellement grossière qu’elle permet toutes les manipulations, et surtout le déploiement toujours plus massif de la police. « Cherchez à qui profite le crime », aurait dit Derrick dans un dernier souffle...
La petite dernière, pour la route :
M’est avis que le réchauffement climatique s’amorce. L’hiver sera chaud. Le chanoine et son équipe en ont déjà des sueurs.
Equi-librio a mis en vente ses premiers livres il y a moins de deux mois. Les rencontres, les démarches auprès des libraires et autres diffuseurs ne sont pas simples ; il faut expliquer une orientation éditoriale qui apparaît « naïve », « sympathique mais irréaliste », pour reprendre les expressions les moins blessantes.
« Oui, mais si j’étais auteur, je préférerais un contrat de type classique, avec clause d’exclusivité et pourcentage de 10%, ce qui permettrait à l’éditeur d’assurer la diffusion (remise au diffuseur : 60%). Mon intérêt est que mon livre se vende dans les circuits commerciaux les plus larges possibles. »
Cette remarque, apparemment « de bon sens », qui revient régulièrement, mérite d’être étudiée de plus près :
1- L’industrie de l’édition n’obéit pas à d’autres lois que celles des autres secteurs économiques : le profit maximum. On peut considérer que plus le profit sera important, plus les retombées seront substantielles pour l’auteur ; le débat est le même partout : plus le gâteau est gros, plus les miettes seront nombreuses. Mais on peut également penser (c’est notre cas) que l’édition française a atteint un tel niveau de concentration qu’elle tue la création dans l’œuf. Les rapports sont nombreux sur ce sujet (observatoire français des médias, acrimed, etc.), et qu'il y a urgence à chercher d'autres rapports auteur-éditeur. Qu’un libraire indépendant reprenne des remarques « de bon sens » qu’on pourrait retrouver dans la bouche d’un vendeur de Relay H est pour le moins surprenant. Cela arrive pourtant.
2- Cette façon d’aborder le sujet place l’auteur hors du processus éditorial : « tu écris, je me charge du reste ». C’est le contraire même du projet d’equi-librio : remettre l’auteur au centre de la fameuse « chaîne du livre », et non pas leur fixer la chaîne aux pieds avec le boulet d'un contrat léonin. Les auteurs ne sont pas, dans leur immense majorité, des êtres vivant hors du temps, hors de la société. Ils sont de plus en plus nombreux à se soucier (et pour cause) du fonctionnement de l’édition et de la diffusion, de la place de la culture dans un système où tout devient marchandise. Ils sont parfaitement informés. La conséquence, c’est qu’ils se tournent de plus en plus vers l’auto édition. Celle-ci a toujours existé mais elle est en plein développement grâce aux nouvelles techniques d’impression et de diffusion (et c’est souvent un choix, de moins en moins une décision par défaut). Certains des auteurs publiés ici se sont résolument détournés des circuits éditoriaux traditionnels et ont accepté de travailler avec equi-librio précisément parce qu’une relation différente leur était proposée. Les contrats ont été expliqués, quelquefois modifiés à leur demande. Les contrats d’édition classiques (exclusivité -y compris quelquefois pour un délai de 70 ans après la décès de l’auteur-, droit de préférence, droits secondaires) donnent un pouvoir exorbitant à l’éditeur, un véritable droit de vie et de mort sur l’œuvre. C’est ce pouvoir-là que certains éditeurs, y compris indépendants, ont du mal à partager. Ce n’est plus une question économique mais d’existence sociale. L’auteur (grâce aux nouvelles technologies) peut se passer d’éditeur. Et ce n’est pas réciproque.
3- La remarque « de bon sens » en question peut s’envisager (avec toutes les réserves ci-dessus) pour un auteur français publiant en France ; elle est totalement irrecevable pour un auteur étranger inédit en France mais aussi dans son propre pays. C’est le cas de 8 des 13 auteurs pour les contrats en cours. Comment abandonneraient-ils les droits sur leur œuvre à un éditeur étranger, ce qui les empêcherait de publier chez eux ? Ce qu’ils espèrent (et ce que nous espérons avec eux), c’est un effet de ricochet : une petite notoriété, un article dans une revue française peut inciter un éditeur espagnol, argentin ou guatémaltèque à s’intéresser à eux.
4- L’édition va être totalement bouleversée par le développement des Technologies de l’Information et de la Communication -TIC-(de nombreux rapports et études existent, là aussi). Les auteurs et les éditeurs réellement soucieux de faire évoluer le secteur en ont l’occasion ; il serait dommage de la laisser passer. Pendant que les grands groupes ont les yeux rivés sur la courbe des profits, les auteurs investissent massivement l’Internet (sous différentes formes : blogs, publication de leurs oeuvres en ligne). Les « majors » savent parfaitement qu’il y a là un marché, mais ils estiment avoir le temps et les moyens de contrôler ce media le moment venu (ce sont des groupes multimédias : télé, radio, édition, presse écrite, téléphonie, FAI…). Pour eux, il n’y a pas péril en la demeure ; le plus urgent est de mettre au point des formats et des DRM (des protections contre la copie), s’organiser en groupes de pression pour obtenir des lois qui les mettent à l’abri de toute concurrence. Nous sommes dans cet entre-deux, dans cet intervalle où les TIC ne sont pas encore totalement verrouillées. Profitons de l'occasion, investissons le net au service de la création.
5- L’édition n’est qu’un des secteurs d’un domaine bien plus vaste qui concerne le politique, le citoyen, la liberté d’expression. Ne pas s’interroger sur son évolution, reproduire les schémas des grands groupes éditoriaux à son petit niveau serait, pour la maison d’édition indépendante qu’est equi-librio, particulièrement grave.
6- Quel que soit le contrat d’édition, le problème reste celui de la diffusion. Si l’on reprend la remarque « de bon sens » attribuée à un hypothétique auteur, les conséquences sont assez catastrophiques pour le réseau des librairies : Notre auteur a tout intérêt à se voir diffuser dans les supermarchés réels ou virtuels. Ce sont eux, selon les chiffres disponibles, qui vendent le plus. Logiquement, notre auteur devrait donc aussi se demander pourquoi vendre en librairie. Sauf que pour vendre en nombre, il faudra un « produit » formaté pour la grande distribution, ce qui précisément n’est pas le cas ici. Les œuvres non-formatées a priori ont besoin d’éditeurs qui travaillent « sur mesure », qui ne leur imposent pas « le prêt à porter ». Elles ont besoin de libraires réellement indépendants qui les défendent contre les modes, sur la durée. Et on est en droit d’attendre des libraires qu’ils adaptent les remises demandées à l’éditeur. Le libraire qui demande la même remise de 35% à Hachette et à un éditeur indépendant ne joue pas son rôle et prépare à plus ou moins long terme, nous en sommes persuadés, sa propre disparition : Hachette se passera d’ici peu de lui, c’est plus que probable. Disons-le clairement : « Jouer le jeu », accepter les remises exorbitantes des distributeurs et des libraires, parce que « c’est le prix fixé par la profession », « il faut bien que toute la chaîne du livre vive », comme il nous est quelquefois répondu, est hypocrite et irresponsable. Hypocrite car les prix de la profession ont été fixés à une époque où le quasi-monopole de Lagardère n’existait pas : aujourd’hui on sait que ces « prix de la profession » sont absorbés par une pompe à finances destinée à servir les actionnaires. Beaucoup se demandent à juste titre, le prix du livre ne baissant pas, où sont passés les gains de productivité générés par les nouvelles technologies... Irresponsable aussi car à terme Lagardère et Vivendi étoufferont les librairies, finiront de développer leur propre réseau et disposeront ainsi d’un système « intégré » bien plus rentable (l’un des pdg des deux groupes qui dominent le marché a déclaré il y a peu qu’il souhaitait faire passer les profits pour les actionnaires de 6% actuellement à 20% le plus tôt possible).
7- equi-librio ne prend pas les auteurs "en otage". Ils peuvent partir quand ils le souhaitent s'ils estiment que leur oeuvre n'est pas convenablement mise en valeur. Et c'est là un point essentiel de cette nouvelle relation que nous établissons avec eux.
Monsieur Kurtishji n’est pas journaliste
- par hougevy
« Le 24 novembre 2008, à 15h45, Monsieur Kurtishji, accompagné de deux policiers en civil, est venu chercher trois de ses quatre enfants (un scolarisé en primaire, deux en maternelle), en pleine classe, pour «un rendez-vous en préfecture», ont compris les enseignants. «A 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon», rapporte une militante du Réseau éducation sans frontières de l'Isère. Prévenus, les permanents de la Cimade, seule association autorisée à entrer dans les centres de rétention, ont cherché les Kurtishji, sans succès. Dès le mardi matin, la famille avait été expulsée vers l'Allemagne, porte par laquelle elle était entrée en Europe. »
Pourtant, « le Ministre de l’Immigration (Brice Hortefeux) a indiqué au Commissaire qu’il avait donné des instructions claires pour qu’aucune interpellation n’ait lieu dans, ou à proximité immédiate, des établissements scolaires», écrivait . Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe. Dans son rapport sur les politiques carcérale et d’immigration en France, publié le 20 novembre 2008. »
« Pourtant, Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait envoyé, le 31 octobre 2006, aux préfets une ciculaire prévoyant que «les enfants scolarisés depuis plusieurs mois pourraient achever leur année scolaire, mais à la fin de cette période, les parents en situation irrégulière devront regagner leur pays d’origine avec leurs enfants».