EL HIJO NIETO DEL VIDRIERO
El hijo nieto del vidriero de la calle 56 no sólo era vidriero de oficio sino de sangre, ya que se destacaba perfectamente en ser la ausencia, la sombra de la sombra, el invisible ser sin voz. El quién de un barrio llamado Apariencia.
Él no comprendía la causa de tanta indiferencia, los seres nunca daban cuenta de su presencia. En las listas siempre era el último, nunca era invitado a las fiestas ni a los acontecimientos importantes, en la cola del banco todos se le “colaban” como quien dice, como si él fuese una minúscula partícula, un residuo desechable, una saliva atragantada en la garganta por la nicotina, una plaga.
Pero existía y él no tenia la menor duda de eso. Lo corroboraba el D.N.I, el latido de su corazón, su piel, sus sueños y la pequeña casita de la calle 56.
El vidriero invocaba cada noche a la Santa que desata los nudos (pero los nudos apretaban cada vez más su garganta) para que algo, alguien, alguno se dignase en dedicarle un saludo, un insulto, una mirada, un gesto, él pedía solamente lo necesario, ese contacto leve pero existente con el otro, ese tan otro como él mismo, para sobrevivir un día mas.
Pero los dias pasaban con la consistencia inconsistente que los caracteriza, pasaban altaneros y risueños, efímeros e indiferentes al inherente temor humano, temor sabueso y nocivo a la antigua dama llorona llamada soledad y el vidriero hijo nieto de vidrieros no podía remediar su esencia invisible de cristal.
El vidriero fue envejeciendo mientras el mundo rejuveneciendo.
Predecible era su destino. De tan certera absurda era su rendición, su agonía, su muerte repentina (a ver si con ese acontecimiento ellos, los otros, daban cuenta al fin de su presencia ahora irremediablemente ausencia) pero antes de dar ese pesado paso que no vuelve de forma alguna para atrás tuvo un sueño, una leve ayuda para llevar a cabo su estaquilla final. Su estratagema mortal.
Soñó con el objeto que le devolvería el habla, la mirada, la comunicación.
Soñó con una lluvia inmensa de piedras. Piedras, entonces comprendió su última misión. Rompió absolutamente todos los vidrios de la ciudad, no hubo uno solo que quedase en buen estado. Hecho el trabajo, el vidriero hijo y nieto de vidrieros, se fue a su pequeña cama a descansar.
Al día siguiente se despertó sobresaltado por el bullicio que llegaba a sus oídos como un imperdonable atentado al sueño. Los ruidos provenían de la calle. Se puso la bata blanca y vio lo que siempre añoró.
Multitudes de seres desesperados, con pancartas y silbidos pedían al vidriero su servicio. Se arrodillaban, suplicaban y lo trataban con excesivo cariño, tan excesivo que a nuestro pequeño vidriero, pequeño pero no idiota, le pareció ficticio.
Entonces se rió largamente, con carcajadas que venían de algún sitio fuera de su cuerpo y dijo a los suplicantes allí presentes:
“Queridos y bienaventurados sin vidrios, he aquí la muestra ineludible de mi condición. ¡Del vidrio vengo y hacia el vidrio voy! Ya encontrarán ustedes un ser de transparente sustancia dispuesto a ayudarlos en la ardua tarea que me piden. Yo, sí, YO en primera persona del singular, ser vivo, transparente y sensible, me declaro en huelga hasta próximo aviso. Muchas gracias. Adiós”
L’ARRIERE PETIT-FILS DU VITRIER
L’arrière petit-fils du vitrier de la rue 56 n’était pas seulement vitrier de métier, il l’était aussi par nature, car il était d’une habileté parfaite lorsqu’il était l’absence, l’ombre de l’ombre, l’être invisible et sans voix. Le « qui ? » d’un quartier nommé Apparence.
Lui ne comprenait pas la cause de tant d’indifférence, les gens ne prenaient jamais en compte sa présence. Sur les listes il était toujours le dernier, il n’était jamais invité aux fêtes ni aux événements importants, lorsqu’il faisait la queue à la banque tous passaient devant lui, à travers lui pourrait-on dire, comme s’il eût été une particule minuscule, un résidu sans intérêt, un peu de salive coincée dans la gorge par la nicotine, une calamité.
Mais il existait et lui n’en doutait pas une seconde. Cette existence était confirmée par la carte d’identité, le battement de son cœur, sa peau, ses rêves et la petite maison de la rue 56.
Le vitrier invoquait chaque nuit la Sainte qui défait les nœuds (mais les nœuds lui serraient chaque jour davantage la gorge) afin que quelque chose, quelqu’un, qui que ce fût daignât lui adresser un salut, une insulte, un regard, un geste, il ne demandait que le strict nécessaire, ce contact léger mais existant avec l’autre, cet autre dont il partageait l’altérité, pour survivre un jour de plus.
Mais les jours passaient avec l’inconsistance consistance qui les caractérise, ils passaient hautains et souriants, éphémères et indifférents à l’inhérente crainte humaine, crainte nocive, sensible au parfum de l’antique pleureuse qu’on appelle solitude et le vitrier petit-fils de vitrier ne pouvait changer son essence invisible de verre.
Le vitrier vieillit peu à peu tandis que le monde rajeunissait.
Son destin était prévisible. Absurde certitude, il se dirigeait vers sa reddition, son agonie, sa mort soudaine (qui sait si avec cet événement eux, les autres, se rendraient enfin compte de sa présence, désormais irrémédiable absence) mais avant de faire ce dernier pas pesant sans aucune possibilité de retour il fit un rêve qui l’aida à trouver où et comment poser son point final. Son stratagème mortel.
Il rêva à l’objet qui lui rendrait la parole, le regard, la communication.
Il rêva à une immense pluie de pierres. Des pierres. Alors il comprit la forme que prendrait sa dernière mission. Il brisa absolument toutes les vitres de la ville, il n’en resta pas une seule en bon état. Le travail accompli, le vitrier fils et petit-fils de vitriers alla se reposer dans son petit lit.
Le lendemain il fut réveillé en sursaut par le vacarme qui heurtait ses oreilles comme un impardonnable attentat au sommeil. Les bruits venaient de la rue. Il enfila sa blouse blanche et il vit ce qu’il avait toujours désiré.
Des foules d’êtres désespérés, avec pancartes et coups de sifflets, demandaient ses services au vitrier. Ils s’agenouillaient, suppliaient et le traitaient avec une excessive tendresse, tellement excessive qu’elle parut à notre petit vitrier, petit mais pas idiot, une tendresse feinte.
Alors il rit longuement, avec des éclats de rire qui semblaient extérieurs à son corps, et il dit à l’assistance qui le suppliait :
« Mes chers et bienheureux sans-vitres, voici la preuve incontestable de ma condition. Je viens du verre et je retourne au verre ! Vous trouverez bien un être à la substance transparente prêt à vous aider dans cette tâche ardue que vous me demandez. Moi, oui, MOI, JE, à la première personne du singulier, être vivant, transparent et sensible, je me déclare en grève jusqu’à nouvel ordre. Merci beaucoup. Adieu. »