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Espagne | Eduardo Martos Gómez - Hormigas - Fourmis

Eduardo Martos Gómez (Espagne)


Ce texte fait partie du recueil « 
Lapso ».
Le site de l’auteur :
http://el-aleph.es/lapso/



Hormigas

He salido a pasear y sin querer he pisado un enorme hormiguero en el descampado cercano a mi casa. Las hormigas, cuyos pasos sobre la hierba se oían a distancia, no han tardado en subir por mi pierna para investigarla. Nervioso, me he sacudido y he salido corriendo.
Antes de dormir recuerdo el incidente con los agresivos insectos; al llegar a casa todavía quedaban algunos mordiéndome con ira, quizá porque notaban la lejanía de su hogar.
He tenido extrañas pesadillas con hormigas gigantes que me perseguían y con otras tan ínfimas que no podía matarlas. Despierto sudando y con una extraña sensación en las piernas. Al levantar sábanas y mantas descubro que de ellas sólo quedan los huesos. Miles de hormigas devoran sin descanso el resto de mi cuerpo mientras otras construyen, en mitad de mi cuarto, un hormiguero gigante.



Fourmis

fourmi.jpg Je suis sorti me promener et j’ai écrasé par inadvertance une énorme fourmilière sur le terrain vague proche de chez moi. Les fourmis, dont on entendait de loin les pas sur l’herbe, n’ont pas tardé à monter le long de ma jambe pour l’examiner. Nerveux, je me suis secoué et je suis parti en courant.
Avant de m’endormir, je me souviens de l’incident avec les insectes agressifs ; lorsque je suis arrivé chez moi, il en restait encore quelques-uns qui me mordaient avec rage, peut-être parce qu’ils se sentaient loin de chez eux.
J’ai fait d’étranges cauchemars, j’ai rêvé de fourmis géantes qui me poursuivaient et d’autres tellement minuscules que je ne pouvais pas les tuer. Je me réveille en sueur et avec une sensation bizarre dans les jambes. Lorsque je soulève les draps et les couvertures je découvre qu’il n’en reste que les os. Des milliers de fourmis dévorent sans trève le reste de mon corps tandis que d’autres construisent, au milieu de ma chambre, une fourmilière géante.



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