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Espagne | ciudadanos por la república - Plate-forme contre le racisme et la xénophobie
Plate-forme contre le racisme et la xénophobie


Au cours de l’actuelle campagne électorale, nous avons pu entendre de nombreuses déclarations émanant de candidats et leaders politiques différents concernant l’immigration. Il s’agit de projets qui inquiètent les associations réunies autour de la Plate-forme contre le Racisme et la Xénophobie (associations aussi bien d’immigrés que d’Espagnols). Elles les inquiètent parce qu’elles visent à durcir les mesures répressives et policières contre les immigrés et qu’elles tentent, encore une fois, de tromper les peuples d’Espagne et de susciter le rejet de ces immigrés.

Pourquoi y a-t-il des immigrés ?
Les personnes qui émigrent le font, dans leur immense majorité, contre leur volonté : elles sont obligées d’abandonner leur pays, leurs racines, pour survivre, poussées par la misère, la guerre ou la persécution politique. Il s’agit d’une situation provoquée par la corruption des pays sous-développés, par les politiques économiques néolibérales (flexibilité de l’emploi, précarité, privatisation des services publics.) imposées par le Fonds Monétaire International et l’Organisation Mondiale du Commerce ; elle est aussi la conséquence de l’exploitation sauvage par les entreprises multinationales (Repsol, BBVA, BSCH, Iberdrola) des ressources naturelles et de la main d’œuvre de ces pays. En définitive, ce sont ces politiques, imposées par les gouvernements, l’Union Européenne et d’autres organisations qui sont responsables de l’immigration, comme elles sont la cause des problèmes dont souffrent les travailleurs espagnols.

Comment les gouvernements européens répondent-ils à cette situation ?
En premier lieu, les gouvernements des pays développés bafouent en grande partie les Droits de l’Homme, comme celui de choisir le pays où l’on souhaite vivre. D’autre part, les gouvernements ne cessent de créer des "ghettos" pour isoler la population immigrée, "ghettos" qui peuvent devenir des lieux de marginalisation et de délinquance. De même, on utilise la main d’œuvre immigrée sans papiers afin de faire baisser les salaires en Espagne : ceux des étrangers comme ceux des Espagnols. Les travailleurs immigrés, privés de la garantie de vivre et de travailler
en Espagne, sont obligés de se taire face à ces abus.
Les mesures qu’on applique actuellement et les projets que nous entendons pendant cette campagne électorale visent à présenter les immigrés comme la cause de nombreux problèmes dont souffrent les travailleurs espagnols (manque de moyens pour la santé et l’éducation, chômage, bas salaires). En agissant ainsi, ils parviennent à dresser les citoyens espagnols contre les immigrés et affaiblir les uns comme les autres. Pourtant, lorsque Espagnols et immigrés se connaissent, ils entretiennent d’excellentes relations qui leur permettent de vivre en commun.

Que faire ?
Il est évident qu’un travailleur jouissant de tous ses droits, qu’il soit étranger ou Espagnol, ne gagnera pas moins l’un que l’autre. Par conséquent, il nous faut obtenir que tous, Espagnols et étrangers, puissions avoir un travail digne, disposer de bons services publics, et jouir pleinement de nos droits et libertés. C’est ainsi qu’immigrés et Espagnols pourront travailler, ensemble, pour les droits de tous les travailleurs.
En conséquence,
- Nous appelons à l’unité des immigrés et des classes populaires espagnoles pour l’amélioration des conditions de vie de tous, en luttant contre l’appauvrissement des familles, le chômage, les privatisations et la limitation des droits du travail et des droits civiques que nous subissons tous.
- Nous appelons la population immigrée à s’unir aux syndicats et aux organisations sociales et politiques espagnoles pour lutter, ensemble, pour leurs droits.
- Nous appelons tous les citoyens qui ont le droit de vote, d’origine espagnole ou étrangère, à ne voter pour aucun parti qui diffuse des messages racistes et xénophobes, ou qui veulent rendre les immigrés responsables des problèmes dont souffrent les citoyens espagnols, parce que leur seul but est d’affaiblir l’ensemble des travailleurs, d’où qu’ils viennent.

Elx, mars 2008


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