Francisco Albizúrez Palma (Guatemala)
Ferrocarril
Era un tren inaudito. Subía en rápido ascenso desde las planicies calmosas hasta las cumbres que rebasan los dos mil metros sobre el nivel del mar.
Parecía que no habría de llegar. Parecía que habría de perder el equilibrio a la orilla de un precipicio. Parecía que en algún punto del trayecto la pequeña locomotora se quebraría por el esfuerzo, pero llegaba.
Subía desde el calor agobiante hasta el frío que trepana las médulas. Desde los platanares costeños hasta el trigo de las montañas. Desde la llanura abierta al horizonte, hasta el hoyo de la ciudad rodeada de volcanes.
Bajaba como si fuera a despeñarse. La locomotora frenaba con toda su potencia, y los puentes cimbraban bajo el paso del tren. Te asomabas de repente a una perspectiva infinita, con el mar a lo lejos perdido en la claridad tropical del mediodía.
Toda la plenitud y la puntualidad de los trenes suizos. La limpieza era impecable en los vagones, y los horarios se respetaban con escrúpulo.
Hasta que un día se perdió entre las nieblas de las alturas. Se evaporó quién sabe cómo, se desarmó, se fueron los rieles, se quebraron los puentes, se rompieron los cables.
En las noches se oye a veces el pito ululante que se confunde con el aullido de los coyotes. A veces, la tierra tiembla en las cercanías de la vieja ruta, como si el ferrocarril pequeñito y raudo pasase haciendo gala de sus motores trepidantes.
Chemin de fer
C’était un train extraordinaire. Il montait, en une rapide ascension, depuis les calmes plaines jusqu’aux sommets, à plus de deux mille mètres au-dessus du niveau de la mer.
Il semblait incapable d’y arriver. On s’attendait à le voir perdre l’équilibre au bord du ravin. La petite locomotive semblait à tout moment prête à se briser sous l’effort, mais le train arrivait.
Il montait, depuis la chaleur écrasante jusqu’au froid qui glace les os. Depuis les plantations de bananiers de la côte jusqu’aux blés des montagnes. Depuis le plaine ouverte sur l’horizon jusqu’au creux de la ville entourée de volcans.
Il descendait comme s’il allait se jeter dans le précipice. La locomotive freinait de toutes ses forces, et les ponts ployaient au passage du train. Tu te trouvais soudain face à une perspective infinie, avec la mer au loin, perdue dans la clarté tropicale de midi.
Il avait la plénitude et la ponctualité des trains suisses. La propreté des wagons était exemplaire et les horaires scrupuleusement respectés.
Jusqu’au jour où il se perdit dans les brumes des sommets. Il s’évapora on ne sait comment, il se défit, les rails disparurent, les ponts s’effondrèrent, les câbles cassèrent.
La nuit, on entend quelquefois le sifflet hululant qui se confond avec le cri du coyote. Parfois, la terre tremble à proximité de l’ancienne voie, comme si le petit train, filant comme une flèche, passait pour exhiber avec fierté ses moteurs trépidants.