EDUARDO MARTOS GÓMEZ dice de su libro Lapso (al que pertenece el presente relato): «...es el fruto de muchos años de reflexión, negación personal y admiración de los grandes genios de las letras. Entiéndase este primer libro que publico individualmente, como un tributo a quienes me han enseñado tanto en la distancia de los tiempos silenciosos y en penumbra, de los lapsos ficticios a los que siempre vuelvo». (Web del autor: http://el-aleph.es/lapso/)
EDUARDO MARTOS GÓMEZ dit de son livre Lapso (d’où est tiré le ce récit) « …il s’agit du fruit de nombreuses années de réflexion, de renoncement personnel et d’admiration pour les grands génies des lettres. Je souhaite que ce premier livre, que je publie seul, soit pris comme un tribut à ceux qui m’ont tant appris, sur le chemin des temps de silence et de pénombre, sur les intervalles fictifs où je reviens toujours ». (site de l’auteur: http://el-aleph.es/lapso/)
Esperando
Subimos a la habitación, la puerta no abre. Estas tarjetas modernas son un incordio moderno. Baja mi novia a recepción para que le den otra. Yo me quedo con las maletas, esperando. Pasan 10, 15 minutos esperando. Como los móviles nos salvan la vida, la llamo y me dice que hay un problema, que siga esperando. Pasan otros 10, otros 15 minutos esperando. Llama ella. No tenemos reserva, no consta. ¡Pero si nos acaban de dar la llave! Tiene que estar, la hicimos hace una semana. Van a intentar arreglarlo. Pero vuelven a pasar 10, 15 minutos esperando. En la parte inferior del marco de la puerta, escrito con rotulador negro, un 37. La llamo otra vez. Contesta una voz de mujer, pero no es mi novia, nunca lo ha sido, tiene ese número desde hace dos años. Y sí, no es su voz, pero sí su número. Pido disculpas y vuelvo a llamar. Desde la memoria del teléfono, como siempre. Y otra vez la misma voz, y disculpe, no la volveré a molestar, será un cruce de líneas. Bajo apresurado a buscarla. En recepción no está, no saben dónde está, dicen no haberme visto nunca, a ella tampoco. Desesperado, llamo a mi hermano. Contesta otra voz. Cuelgo. Suena el móvil, número oculto. Es la voz de mi novia, pero no consigo entender lo que dice. De pronto habla otra voz que no es de hombre ni de mujer, que me dice ten paciencia, no seas tan nervioso, ten paciencia y sigue esperando.
En attendant
Nous montons dans la chambre, la porte ne s’ouvre pas. Ces cartes modernes sont un casse-pieds moderne. Ma fiancée descend en chercher une autre à la réception. Moi, je reste là et j’attends avec les valises. 10, 15 minutes passent et j’attends. Comme les portables sont nos bouées de sauvetage, je l’appelle et elle me dit qu’il y a un problème, elle me demande d’attendre. Encore 10, encore 15 minutes d’attente. C’est elle qui appelle. Nous n’avons pas de réservation, aucune inscription. Mais on vient juste de nous donner la clé ! Ce doit être noté quelque part, nous avons réservé il y a une semaine. Ils vont essayer d’arranger ça. Mais c’est à nouveau 10, 15 minutes d’attente. Au bas du cadre de la porte, écrit au feutre noir, un 37. Je l’appelle à nouveau. C’est une voix de femme qui répond, mais ce n’est pas ma fiancée, elle ne l’a jamais été, cela fait deux ans qu’elle a ce numéro. Ce n’est pas sa voix mais c’est bien son numéro. Je présente mes excuses et je rappelle. Comme je fais toujours, le numéro enregistré. Et encore la même voix, excusez-moi, je ne vous dérangerai plus, il doit y avoir un problème de réseau. Je descends rapidement la chercher. Elle n’est pas à la réception, on ne sait pas où elle est, on ne m’a jamais vu, elle non plus. Désespéré, j’appelle mon frère. C’est la voix d’un autre qui répond. Je raccroche. Le portable sonne, un numéro caché. C’est la voix de ma fiancée, mais je n’arrive pas à comprendre ce qu’elle dit. Soudain c’est une autre voix qui parle, ni masculine ni féminine, une voix qui me dit sois patient, ne sois pas aussi nerveux, sois patient et attends encore.