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Guatemala | Francisco Albizúrez Palma - Adios - Adieu
Francisco Albizúrez Palma (Guatemala)

[traduction]


Adios

Alicia :

Sobre la mesa del comedor te dejo un cheque por treinta mil quetzales, y los dólares que me diste a guardar. Además, te dejo el poder que firmaste donde el licenciado Enríquez.
No vas a encontrar a ninguno cuando te levantes. No va a haber nadie que te lleve el desayuno a la cama ni quien te haga los masajes contra el dolor de espalda. Estarás solitaria.
Me voy con la Hermosinda y nos llevamos a la Nena. No vayás a reclamar nada, porque los papeles de adopción que guardás tan celosamente son falsos : yo tengo los documentos que me respaldan como papá de la Nena.
Ni intentés buscarme, porque nos vamos del país. ¿Te acordás de aquella lotificación de Miami ? Pues allí tengo una casita para pasar el resto de mis días. Ya la compañía me consiguió trabajo en la casa matriz, con todo y aumento de sueldo.
Lo siento : bueno, no sé si de verdad lo siento… Me has hecho tan infeliz durante estos doce años, que mejor me callo. Total, ya no me verás ni te veré, por fortuna, pues estaba harto de representar la paeja feliz.
En cuanto a tu situación legal no te preocupés, pues el licenciado Enríquez tiene instrucciones para tramitar el divorcio, con todas las ventajas para vos : te queda la casa de la capital, la de Antigua, el chalet de San Lucas, los tres carros, la cuenta en dólares y el terreno de Río Dulce.
Llamá a tu mamá para que te haga compañía, ya que siempre te has desvivido por estar con ella. Y lleváte a tu hermano Federico, el que tanto te hace reír y estar contenta. En fin de cuentas, yo nunca logré sustituir a esos dos « ángeles de la guarda ».

Hasta nunca.

Enrique



Adieu

enfant.jpg Alicia,

Sur la table de la salle à manger, je te laisse un chèque de trente mille quetzales et les dollars que tu m’avais demandé de garder. De plus, je te laisse la procuration que tu avais signée chez Maître Enríquez.
Quand tu te lèveras, il n’y aura plus personne. Personne pour t’apporter le petit déjeuner au lit et personne pour te faire tes massages contre le mal de dos. Tu seras toute seule.
Je pars avec Hermosinda et nous emmenons la petite. Ne vas pas réclamer quoi que ce soit, parce que les certificats d’adoption que tu gardes si jalousement sont faux ; moi, j’ai des documents qui attestent que je suis le père de la petite.
N’essaie pas non plus de me retrouver, parce que nous quittons le pays. Tu te souviens de ce lotissement à Miami ? Et bien, j’ai une petite maison là-bas où je compte passer le reste de mes jours. La compagnie m’a déjà offert du travail au siège, avec augmentation de salaire et tout.
Je regrette ; bon, je ne sais pas si je regrette vraiment… Tu m’as rendu tellement malheureux ces douze dernières années qu’il vaut mieux que je me taise. De toutes façons tu ne me verras plus et je ne te verrai plus, heureusement, parce que j’en avais assez de jouer la comédie du couple heureux.
Quant-à ta situation légale, ne t’inquiète pas, Maître Enríquez a des instructions pour engager la procédure de divorce, et tu garderas tous tes avantages : il te reste la maison de la capitale, celle d’Antigua, la villa de San Lucas, les trois voitures, le compte en dollars et le terrain de Río Dulce.
Appelle ta maman pour qu’elle te tienne compagnie, puisque depuis toujours tu meurs d’envie de l’avoir à tes côtés. Et prends aussi avec toi ton frère Federico, lui qui te rend tellement gaie. En fin de compte, je n’ai jamais réussi à remplacer ces deux « anges gardiens ».

A jamais

Enrique


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