José Joaquín López (Guatemala)
site de l’auteur : anecdotario.net
[traduction]
La consulta
En la sala de espera de un consultorio médico está sentada Eva, una guapa veinteañera que anda buscando marido. Es delgada, de pelo largo y de sonrisa pícara. Está pensando en la maldición que le echó su hermana menor al casarse antes que ella, ahora quién sabe si logrará marido antes de que la belleza la abandone y la gravedad tire para abajo lo que ahora está firme y en su lugar. La secretaria del consultorio le indica que puede pasar con el doctor Anleu, un médico joven y soltero al que viene a ver por segunda vez en el mes.
El doctor la hace pasar a la clínica y se sienta serio frente a ella, escritorio de por medio. Eva le relata sus síntomas.
- Doctor, siento un dolorcito aquí a la izquierda, en el pecho. De noche no puedo dormir y me siento desesperada, como si me faltara la respiración. El dolor va y viene, pero ayer que llovió toda la tarde, lo sentí más fuerte, como si algo me oprimiera el pecho.
- Eva, la vez pasada me contó de su dolor de la cabeza. ¿Se fue el dolor de cabeza?
- Se fue doctor, con las pastillas que usted me dio ya estoy aliviada y no hay más dolor. Ahora este dolor de pecho y la angustia por las noches es lo que tiene preocupada a mi mamá y por eso vine con usted, que es tan acertado y tan profesional, por eso le tenemos confianza.
- A ver entonces, veremos que podemos hacer —dice el doctor colocándose los lentes y señalándole la camilla para auscultarla.
El doctor hace la rutina de siempre, toma la temperatura, la presión sanguínea y escucha los pulmones y el corazón de la joven mujer, que al sentir el estetoscopio en el pecho, siente acelerar su solitario corazón. El doctor Anleu al ver la reacción sonríe y respira profundo para oler el exquisito aroma de la muchacha. Revisa la garganta, los ojos y los oídos y termina la inspección e invita a la joven a sentarse frente al escritorio.
- Le daré unas pastillas relajantes, Eva. Me preocupa en serio su situación y espero que siga mis instrucciones, porque quiero descartar algunas enfermedades relativamente nuevas que leía ayer en Internet, que no es que sean peligrosas, pero hay que tener cuidado.
- Usted me asusta doctor —dice Eva llevándose la mano derecha al pecho, y haciendo un pucherito coqueto con los labios.
- Por el momento no hay de qué preocuparse —responde el doctor, intentando parecer profesional—, yo me ocuparé de su caso de manera especial. Aquí tiene mi número de celular, cuando venga el dolor y la desesperación que siente, llámeme sin pena, yo estoy para ayudarla. La semana entrante la espero aquí en el consultorio y espero verla guapa, aliviada y radiante.
Eva sonríe, y de repente ya no piensa más en la maldición, parece que no es verdad lo que dicen, toma la tarjeta del doctor y la receta, voltea a ver a su alrededor, como si olvidara algo, da las gracias, y caminando lentamente, sabiéndose observada, se acerca a la puerta y voltea.
- Muy agradecida doctor, me siento aliviada porque sé que usted logrará quitarme ese dolor y esa angustia que siento. ¡Qué sería de mí si no lo hubiera encontrado a usted! ¡Tan inteligente y acertado!
Eva sale por fin de la clínica, el doctor Anleu la mira y le hace un guiño al despedirse y dice:
- Llámeme Gabriel por favor, no me diga doctor.
El doctor cierra la puerta y se queda escuchando cómo hace el pago la joven a la secretaria. Piensa en cuántas consultas más aguantará la muchacha antes de darle el remedio definitivo, tal vez unas tres más, ahora que escasean un poco los pacientes hay que pensar también en cómo hacer el dinero.
Eva sale del consultorio y en la planta baja del edificio, hace una llamada por celular.
- Vamos bien mamá, creo que en unas tres consultas más ya lo tenemos. Todo resultó como vos dijiste.
Dans la salle d’attente du cabinet médical est assise Eva, une belle jeune fille d’une vingtaine d’années, qui cherche à se marier. Elle est mince, elle a les cheveux longs et un sourire espiègle. Elle pense au mauvais sort que lui a jeté sa sœur cadette en se mariant avant elle, maintenant qui sait si elle trouvera un mari avant que la beauté ne l’abandonne et que les lois de la gravité ne tirent vers le bas ce qui pour l’instant est ferme et à sa place. La secrétaire du cabinet lui indique qu’elle peut entrer chez le docteur Anleu, un jeune médecin célibataire qu’elle vient voir pour la deuxième fois ce mois-ci.
Le docteur la reçoit et s’assied, l’air sérieux, face à elle, de l’autre côté du bureau. Eva lui décrit ses symptômes.
- Docteur, je ressens une petite douleur ici, à gauche, dans la poitrine. La nuit je ne peux pas dormir et je me sens oppressée, comme si la respiration me manquait. La douleur va et vient, mais hier, comme il a plu tout l’après-midi, je l’ai ressentie plus fortement, comme si quelque chose me comprimait la poitrine.
- Eva, la dernière fois vous m’avez parlé de votre mal de tête. Le mal de tête est parti ?
- Il est parti, docteur, avec les comprimés que vous m’avez prescrits, c’est fini, je n’ai plus mal. Maintenant cette douleur dans la poitrine et l’angoisse que je ressens la nuit préoccupent maman et c’est pour ça que je suis venue vous voir, vous êtes tellement efficace et tellement sérieux, c’est pour ça que nous avons confiance en vous.
- Bon, voyons ce que nous pouvons faire –dit le docteur en mettant ses lunettes. Allongez-vous, je vais vous ausculter.
Le docteur fait les gestes habituels, il prend la température, mesure la pression sanguine, il écoute les poumons et le cœur de la jeune femme, laquelle lorsqu’elle sent le stéthoscope sur sa poitrine sent battre son cœur solitaire. Le docteur Anleu sourit en voyant sa réaction et respire profondément le parfum exquis de la jeune fille. Il examine la gorge, les yeux et les oreilles, termine son examen et invite la jeune à s’asseoir face au bureau.
- Je vais vous prescrire des comprimés pour vous relaxer, Eva. Votre état me préoccupe sérieusement, et j’espère que vous allez suivre mes instructions, parce que je veux écarter certaines maladies, relativement nouvelles, que j’ai découvertes hier sur internet, ce n’est pas qu’elles soient dangereuses, mais il vaut mieux être prudent.
- Vous m’effrayez, docteur –dit Eva portant sa main droite à la poitrine avec une petite moue coquette.
- Pour l’instant, il n’y a pas de quoi s’inquiéter –répond le docteur, qui prend un air sérieux-, je vais m’occuper spécialement de votre cas. Voici le numéro de mon portable, et quand vous ressentez la douleur et l’oppression, n’hésitez pas à m’appeler, je suis là pour vous aider. La semaine prochaine je veux vous voir ici, à mon cabinet, et j’espère vous voir belle, soulagée et rayonnante.
Eva sourit, et soudain elle ne pense plus au mauvais sort, il semble que ce qu’on dit ne soit pas vrai, elle prend la carte du docteur et l’ordonnance, elle regarde autour d’elle, comme si elle avait oublié quelque chose, remercie et, d’une démarche lente, se sachant observée, elle s’approche de la porte et se retourne.
- Je vous remercie beaucoup, docteur, je me sens soulagée parce que je sais que vous parviendrez à faire disparaître cette douleur et l’angoisse que je ressens. Qu’est-ce que je serais devenue si je ne vous avais pas rencontré ! Vous êtes tellement intelligent et efficace !
Eva sort enfin du cabinet, le docteur Anleu la regarde, lui adresse un clin d’œil lorsqu’elle s’en va et dit :
- Appelez-moi Gabriel, s’il vous plaît, ne m’appelez pas docteur.
Le docteur ferme la porte et reste là à écouter la jeune qui règle la consultation à la secrétaire. Il se demande combien de temps il fera attendre la jeune fille avant de lui donner le traitement qui lui convient, peut-être trois consultations encore, maintenant que les patients se font un peu plus rares il faut penser aussi à boucler les fins de mois.
Eva sort du cabinet médical et au rez-de–chaussée de l’immeuble, elle appelle sur son portable.
- Tout marche bien, maman, je crois qu’avec trois consultations de plus on le tient. Tout s’est passé comme tu l’avais dit.
[haut]