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Espagne | Antonio Palma - Grupo Escritores Imposibles - Groupe Ecrivains Impossibles

Antonio Palma (Espagne)

http://www.sbhac.net/Escritores/Antonio/Antonio.htm

escritores_imposibles.jpg

[traduction]


Mantengamos nuestras manos lejos de ese negocio de la edición...

Unos artistas anónimos se juntaron para ver que hacían con sus escritos de juventud. Los años pasan y los escritos enmohecen irremediablemente, se dijeron. ¿Qué hacer? ¿Las editoriales? Tiempo ha ya que renunciaron al milagro de la edición. Ahora tienen opiniones muy críticas con ese negocio y razones no les faltan al contemplar lo que triunfa. No les duele tanto que los libros basura de reconocidos buitres y maestres de la mierda televisada vendan miles de ejemplares, eso no es capaz de generar ni envidia. No, lo que más les duele es el triunfo desorbitado de los cuentos de magia con que se alimenta a los niños en época de leer.

Esa señora inglesa que estaba en el paro y que acertó contando chorradas sobre un gafotas que vive una vida extraordinaria gracias a la magia, es lo más pecaminoso para la humanidad que jamás se haya publicado, y eso que este subproducto siempre tuvo un lugar en todas las bibliotecas. El triunfo universal de la gilipoyez del Abra Kadabra es demoledor, y es a la literatura lo que Operación Triunfo es a la música popular, o incluso peor. Un simple negocio editorial delicadamente envuelto en falso romanticismo para alimentar la insaciable industria del entretenimiento y de paso desnortar las mentes de los adolescentes, impedir su rebeldía natural y adocenarlos con pareja mierda con que se alimenta a los jubilados por la T.V., y encima, con una recompensa psicológica en el mismo acto de la compra de estos libros mentirosos:

¡Yo también!, se dicen los niños, yo también, como millones, estoy leyendo estas divertidas aventuras de un niño mago. Y los padres, felices, ¡el niño lee!, y los editores felices, ¡el niño compra!, y nosotros cabreados, ¡el niño va a terminar tonto con tanta monserga!, o lo que es peor, un día intentará convertir a la prima Pepita en rana, y volverá a casa convertido en un frustrado.

Irá al colegió y no podrá evitar que los matones de cursos superiores  le quiten el bocata, las pelas, el reloj, el movil, y hasta le den de hostias. Y la magia esa del Potter no le sirvió para nada, mejor hubiera tomado lecciones de Karate. Y mientras el niño disfruta de la magia en su imaginación, y sólo en su imaginación, otros niños disfrutan de aceite y azufre hirviendo que arrojan sobre sus cabezas los aviones de las barras y estrellas y los de la Unión Jack. Y otros niños mueren de un Sida que heredaron, o de hambre, y la magia de Potter no puede evitarlo, nada, una porquería de magia, pero..., ¡escucha!, ¡que sí funciona! Sí puede hacer que ignores el dolor y la miseria del mundo, que te importe un carajo, que te la refanfinfle. ¡Coño, con la magia del Potter de los huevos!

Y así, rendidos, demostrada nuestra inutilidad como escritores de la gran carrera del fracaso, incapaces de hacer lo que la inventora del niño mago, efectivamente, nos rendimos. Pongamos nuestros escritos, nos dijimos, en un oscuro y recóndito lugar de la red, por si alguien, en una noche descarriada, tropieza por casualidad con nosotros y nos lee. Eso sería estupendo.

Un saludo amigos.

Grupo Escritores imposibles

En varias ciudades de España, Termidor de 2001.



Gardons nos distances avec le monde de l’édition et des affaires…

Quelques artistes anonymes se sont réunis pour décider du sort de leurs écrits de jeunesse. Les années passent et les écrits moisissent irrémédiablement, se sont-ils dit. Que faire? Les confier à un éditeur? Cela fait longtemps qu’ils ont renoncé au miracle de l’édition. Ils ont maintenant des opinions très critiques envers ce commerce, opinions confortées par ce qu’ils voient triompher. Ce qui leur fait mal, ce n’est pas tant que la mauvaise littérature de charognards reconnus et maîtres de la merde télévisée se vende à des milliers d’exemplaires, tout ça n’est même pas capable d’éveiller de la jalousie. Non, ce qui leur fait le plus mal, c’est le succès extraordinaire des contes de magie avec lesquels on gave les enfants en âge de lire.

Cette anglaise au chômage qui s’en est sortie en racontant des âneries à propos d’un binoclard qui vit une aventure extraordinaire grâce à la magie, c’est la chose la plus honteuse pour l’humanité qui ait jamais été publiée, et pourtant, ce sous-produit a toujours eu sa place dans toutes les bibliothèques. Le triomphe universel de la connerie de l’abracadabra est dévastateur, il est à la littérature ce que la Star Ac est à la musique populaire, ou même pire. Un pur commerce éditorial soigneusement enveloppé de faux romantisme pour alimenter l’insatiable industrie du loisir et au passage faire perdre toute référence aux esprits adolescents, annihiler leur révolte naturelle et les maintenir dans la médiocrité avec la même merde dont on nourrit les retraités à la télé, avec en prime, une récompense psychologique par le fait même de l’achat de ces livres faux.

Moi aussi, se disent les enfants, moi aussi, comme des millions d’autres, je suis en train de lire ces amusantes aventures d’un enfant magicien. Et les parents de s’extasier, heureux:le gamin lit!, et les éditeurs, heureux:le gamin achète!, et nous, furieux:le gamin va finir idiot avec toutes ces balivernes, ou pire encore, un jour il essaiera de transformer sa cousine Pepita en grenouille et reviendra chez lui frustré.

Il ira à l’école et ne pourra pas empêcher les gros bras des classes supérieures de lui voler son goûter, son fric, sa montre, son portable, et même de lui filer des baffes, et la magie de ce fameux Potter ne lui aura servi à rien, il aurait mieux fait de prendre des cours de karaté.

Et pendant que le gamin déguste sa magie (dans son esprit et seulement dans son esprit), dans la vraie vie, d’autres enfants dégustent l’huile bouillante et le soufre que déversent sur leurs têtes les avions rayés et étoilés et ceux de l’Union Jack. Et d’autres enfants meurent d’un Sida dont ils ont hérité, ou de faim, et la magie de Potter n’y peut rien, absolument rien, une magie de merde, mais… écoute, mais si ça marche! Puisqu’elle peut faire que tu ignores la souffrance et la misère du monde, que tu t’en fiches comme de ta première chemise, que tu t’en torches. Putain de magie de Potter de mes couilles!

Et ainsi, vaincus, notre inutilité comme écrivains de la grande carrière de l’échec démontrée, incapables d’imiter celle qui a inventé le gosse magicien, effectivement, nous nous sommes inclinés.

Mettons nos écrits, nous sommes-nous dit, dans un lieu obscur et retiré de la toile, au cas où quelqu’un, un soir d’égarement, tomberait par hasard sur nous et nous lirait. Voilà ce qui serait formidable.

Un salut, les amis

Le groupe des Ecrivains impossibles.

De plusieurs villes d’Espagne, Thermidor 2001."




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