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Chili | Eugenia Echeverría - Cuatro veces mamá - Quatre fois maman

Eugenia Echeverría (Chili)

 

site: http://www.escritores.cl/paginas/echeverria.htm

[traduction]

Cuatro veces mamá

La mujer gorda quiso bajar corriendo la escalera pero tropezó y cayó rodando, lanzó un par de gritos pero al aterrizar estaba muda, con los ojos abiertos, pero muda.
Su hijo Alfredo vio el desastre desde la puerta del comedor, donde la mesa estaba dispuesta para el almuerzo.
El estofado de cordero se enfriará, pensó Alfredo mientras se preguntaba quien iba a ayudarlo a alzar esos 140 kilos. No había nadie más en la casa sino él y su inagotable esperanza de que lo que acababa de ocurrir, ocurriera. Por fin ahí estaba esa gorda opresiva, su madre, despaturrada sobre la alfombra.
Es lo que querías, se dijo, pero tuvo miedo, una alarma tremenda. No se movió.
Ella también siguió inmóvil.
Hubo silencio; entendió que los minutos se iban sumando en la pesadez de ese silencio y que debía regresar a la oficina.
Debes estar alegre se dijo cuando decidió abrir la puerta de calle e irse caminando.
Al llegar a la esquina, una mujer gorda se detuvo a su lado, casi rozándolo.
El corazón le latió con fuerza: era una gorda enorme, una réplica perfecta de su madre.
Cuando la luz verde del semáforo les dio el paso y avanzaron uno al lado del otro, vio venir en sentido contrario otra gorda idéntica a la que cruzaba casi adherida a su costado izquierdo, y observó certeramente que allá enfrente, en la esquina de la farmacia, dos mujeres gordas lo aguardaban con los brazos abiertos, dispuestas a llevárselo a almorzar estofado de cordero y a protegerlo por el resto de su existencia.

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Quatre fois maman

La grosse femme voulut descendre en courant l’escalier mais elle trébucha et roula, lança un ou deux cris dans sa chute mais atterrit muette, les yeux ouverts, mais muette.
Son fils Alfredo fut témoin du désastre depuis la porte de la salle à manger où la table était mise pour le déjeuner.
botero.jpgLe ragoût d’agneau va refroidir, pensa Alfredo tandis qu’il se demandait qui allait l’aider à soulever ces 140 kilos. A la maison il était seul avec son inépuisable espoir de voir se produire ce qui venait de se produire. Enfin, cette grosse qui l’opprimait, sa mère, gisait les quatre fers en l’air sur le tapis.
C’est ce que tu voulais, se dit-il, mais il ressentit de la peur, une terrible frayeur. Il ne bougea pas.
Elle resta tout aussi immobile.
Le silence se fit, il comprit que les minutes une à une s’ajoutaient dans la pesanteur de ce silence et qu’il devait retourner au bureau.
Tu dois être joyeux se dit-il quand il décida d’ouvrir la porte et de s’en aller.
Lorsqu’il arriva au coin de la rue, une grosse femme s’arrêta à côté de lui, le touchant presque.
Son cœur se mit à battre avec force : c’était une grosse énorme, une réplique parfaite de sa mère.
Quand le feu vert leur permit de passer et qu’ils avancèrent côte à côte, il vit venir en sens inverse une autre grosse identique à celle qui traversait presque collée à lui, sur sa gauche, et il observa précisément que là-bas, en face, au coin de la pharmacie, deux grosses femmes l’attendaient les bras ouverts, prêtes à l’emmener manger le ragoût d’agneau et à le protéger pour le restant de ses jours.

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