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Chili | Eugenia Echeverría - Una tarde perfecta - Un après-midi parfait

Eugenia Echeverría (Chili)

 

site: http://www.escritores.cl/paginas/echeverria.htm


[traduction]


Una tarde perfecta

Nada volvería a ser lo mismo en la vida de Isabel Nin a partir de la tarde que enojadísima, pero enojadísima le gritó ¡muérete! a su esposo, José Marticorena, y dos horas más tarde un chofer ebrio cumplió su deseo y lo atropelló matándolo de inmediato.
Isabel se maravilló de su poder sobre el destino de los demás mientras manejaba hacia la morgue para reconocer el cadáver, pero su suegra se le había adelantado ahorrándole el mal momento.
Las dos mujeres se abrazaron. Isabel la dejó sollozando en el pasillo;
ella en cambio no estaba triste, José se había desgastado a sus ojos, diez años de vida en común era suficiente.
Firmó todos los documentos que le presentaron.
Al salir compró una caja de fósforos y llegando a casa quemó las pertenencias del difunto en un brasero de bronce muy antiguo que conservaba como regalo de bodas.
Después de eliminar todo rastro del paso de José Marticorena por su existencia, salió a caminar por las calles del barrio y un muchacho que corría atolondrado la empujó al pasar, haciéndola perder pie. Isabel cayó de rodillas, ensuciando su albo vestido de algodón, y le gritó furiosa ¡Muérete, cabrón!, y aún no acababa de incorporarse y limpiar sus rodillas cuando escuchó un chirrido de frenos y un grito de dolor que no terminaba nunca y pudo ver algunas personas que pasaban por su lado corriendo hacia la esquina, donde el muchacho atolondrado no cesaba de gritar debajo de las ruedas de un camión, y pudo distinguir entre esas personas que corrían alarmadas, a José Marticorena , su marido, vestido con el traje gris y la
camisa azul que ella acababa de quemar.

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Un après-midi parfait

chagall_bleu.jpgRien ne devait plus jamais être pareil dans la vie d’Isabel Nin à partir de cet après-midi où, très en colère, mais vraiment très en colère, elle cria crève! à son époux, José Marticorena, et où deux heures plus tard un chauffeur ivre réalisa son vœu et l’écrasa, le tuant sur le coup.
Isabel s’émerveilla de son pouvoir sur le destin des autres tandis qu’elle conduisait en direction de la morgue pour identifier le cadavre, mais sa belle-mère l’avait précédée, lui épargnant ce moment désagréable.
Les deux femmes s’étreignirent. Isabel la laissa en pleurs dans le couloir ;
elle, en revanche n’était pas triste, José s’était dégradé à ses yeux, dix ans de vie commune étaient suffisants.
Elle signa tous les documents qu’on lui présenta.
Lorsqu’elle sortit elle acheta une boîte d’allumettes et en rentrant à la maison brûla tout ce qui appartenait au défunt dans un brasero de bronze très ancien, un cadeau de mariage qu’elle avait conservé.
Après avoir éliminé toute trace du passage de José Marticorena dans son existence, elle sortit faire quelques pas dans les rues du quartier et un jeune homme qui courait la bouscula au passage sans prendre garde, la déséquilibra. Isabel tomba à genoux, salissant sa blanche robe de coton, elle lui cria furieuse crève, salaud !, et elle ne s’était pas encore relevée qu’elle entendit un crissement de freins et un cri de douleur qui n’en finissait pas et put voir quelques personnes qui passaient à côté d’elle courir jusqu’au coin de la rue, où le jeune homme étourdi ne cessait de crier sous les roues d’un camion, et elle put distinguer parmi ces personnes qui couraient affolées José Marticorena, son mari, vêtu du costume gris et de la chemise bleue qu’elle venait de brûler.

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