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Chili | Ernesto Langer Moreno - El muerto - Le mort

Ernesto Langer Moreno (Chili)

site de l'auteur: http://www.escritores.cl/

Ernesto Langer Moreno est né à Santiago du Chili le 23 mai 1956. Après une scolarité au Lycée Saint Augustin de Santiago et à l’Ecole Militaire « Géneral Bernardo O’ Higgins », il a étudié l’"Analyse des systèmes" et l’"Administration des entreprises" en France. Il est actuellement l’éditeur du Site de la Littérature Chilienne sur internet : escritores.cl.
Il a publié des recueils de poèmes, des contes et des nouvelles ; il a en outre collaboré à des quotidiens nationaux comme « Las Ultimas noticias » et plusieurs suppléments hebdomadaires.

[lire la traduction]

El muerto

El muerto estaba ahí sin decir una palabra. Y si alguien debía entonces decir algo ese era él, tendido allí en medio de la pieza dentro de un cajón mirando de frente hacia la otra vida, mientras los otros, todos los otros se agitaban a su alrededor. No había cruzado hace mucho esa delgada línea que separa los dos mundos pero, ya su cuerpo se estaba enfriando, tomando el color de los seres inanimados, aunque podía escuchar lo que sucedía y verse a sí mismo como si se viera en un espejo.

Algunos de sus parientes llegaban apurados, con una cara de pena ceremoniosa, y estrechaban las manos de sus hijos abrazándolos y besándolos en las dos mejillas mientras les decían al oído palabras cariñosas.

El personal del servicio funerario lo había hecho bien. Acomodaron su cuerpo y lo dejaron tendido allí como en el más confortable de los lechos. Y habían encendido a los cuatro costados unas luces en forma de velas para que todos pudieran apreciarlo mejor a través de una pequeña ventanita en donde su rostro sin gestos aparecía para que le dijeran adiós.

Al principio había gritado con todas sus fuerzas pero, rápidamente había comprendido que era inútil. Poco a poco fueron llegando todos sus hijos y sus nietos, los que a medida que llegaban se ponían a llorar. Al menos era confortable ver esas espontáneas manifestaciones de cariño, muestras claras de cuanto lo querían y del dolor que les provocaba verlo así, en ese estado.

Pero él estaba bien. Tranquilo.

En eso llegaron los vecinos y el ambiente comenzó a ponerse denso entre tantas personas amontonadas como nunca en aquella habitación. Algunos lo besaban en el rostro sin que él pudiera sentir nada. Era extraña esa sensación de estar y no estar al mismo tiempo, observándolo todo como si fuera el espectador de una película.

Por la noche lo dejaron solo. Sumido en un silencio casi sepulcral. Entonces recién tuvo tiempo para echar una mirada a su vida. Pensó en lo feliz que se pondrían todos aquellos que habían deseado su desgracia de todo corazón. Y en esos que por fin podrían aspirar a un asenso profesional gracias a su ausencia desde ahora definitiva y permanente.

Pensó también en su perro y en como lo extrañaría todas las tardes cuando con infaltable cariño le llevaba su comida y éste movía su cola especialmente para él.

Podía ser que también lo echaran de menos en la garita de los juegos hasta donde llegaba impajaritablemente cada viernes con su cartilla ganadora. El hombre del servicentro , también.

Por su mujer no tenía porque preocuparse. Todos sus hijos eran grandes y había dejado para ella una suculenta suma pactada con una compañía de seguros.

Habían tenido una vida larga y bendecida, sin grandes tropiezos y muchas pero muchas veces habían conversado sobre este posible acontecimiento. Ella lo honraría, claro, con sus familiares y amigos. Derramaría bastantes lágrimas pero, continuaría su camino hasta reencontrarlo más adelante nuevamente.

Por último, nada tenía en su conciencia que le pesara de algún modo inusual. No había sido ni bueno ni malo, según él.

El día llegó y con éste, la gente de la funeraria otra vez.

Ellos lo llevaron al que sería su último paseo por este mundo. Lo instalaron frente al altar en una iglesia y nuevamente vio a la gente llorando desfilar frente a su ventanita. Ahora hasta pasaron junto a él personas a quienes ni siquiera conocía. El cura dijo unas palabras a las que, premeditadamente no puso atención. ¡ Pamplinas ! dijo él. Luego vio como lo rociaban con agua que no debió ser más que agua de la llave, mientras el llanto de los presentes aumentaba.

Después lo volvieron a pasear. Y esta vez el paseo fue más largo porque cruzaron toda la ciudad. Hasta que allá lo pusieron sobre una especie de camilla con ruedas y lo arrastraron cruzando por lóbregos y silenciosos portales de cemento y de metal.

Al final del camino se juntaron todos para decirle el , ahora si, último adiós. Algunos cantaron, otros rezaron el rosario y otros no pudieron siquiera pronunciar una palabra, entre ellos su mujer.

Después de un rato prudente se marcharon y él les gritó. Olvidándose de que ya no lo podían escuchar. Hasta que entonces murió definitivamente, junto al ruido de los pasos de los suyos que también desaparecían en la distancia, allá al final del corredor.

 

 
Le mort

l_ile_des_morts.jpgLe mort se trouvait là sans piper mot. Et si quelqu’un avait alors son mot à dire, c’était bien lui, étendu là au milieu de la pièce dans son cercueil, le regard tourné vers l’autre vie, tandis que les autres, tous les autres s’agitaient autour de lui. Il avait traversé depuis peu la ligne étroite qui sépare les deux mondes, mais son corps commençait à refroidir, prenant la couleur des êtres inanimés, bien qu’il pût entendre ce qui se passait et se voir lui-même comme dans un miroir.

Quelques parents arrivaient, pressés, l’air triste et cérémonieux, serraient les mains de ses enfants, les prenaient dans leurs bras et les embrassaient sur les deux joues, leur glissant à l’oreille des mots tendres.

Les employés des pompes funèbres avaient bien fait les choses. Ils avaient installé son corps et l’avaient étendu là, comme sur la couche la plus confortable. Et ils avaient allumé aux quatre coins des lampes imitant des cierges pour que tous purent bien le contempler à travers la petite ouverture qui encadrait son visage sans expression, qu’on pût lui faire ses adieux.

Au début, il avait crié de toutes ses forces, mais il avait vite compris que c’était inutile. Peu à peu arrivèrent tous ses enfants et petits-enfants, éclatant en sanglots à mesure qu’ils entraient. C’était réconfortant, malgré tout, de voir ces manifestations spontanées de tendresse, preuves évidentes de leur amour et de la douleur qu’ils éprouvaient de le voir dans cet état.

Mais lui se sentait bien. Tranquille.

Puis ce fut l’arrivée des voisins et la foule agglutinée dans cette chambre commença à épaissir l’atmosphère. Quelques-uns l’embrassaient sur le visage sans qu’il ne pût rien sentir. C’était une sensation étrange, à la fois d’être là et de n’être pas présent, observant tout en spectateur.

La nuit, on le laissa seul. Plongé dans un silence quasi sépulcral. Alors seulement il eût le temps de jeter un regard sur sa vie. Il pensa à la félicité que devaient éprouver tous ceux qui avaient tant désiré son malheur. Et à ceux qui enfin pourraient aspirer à une promotion grâce à son absence, désormais définitive et permanente.

Il pensa aussi à son chien et comme il lui manquerait tous les soirs quand, immanquablement, tendrement, il lui portait son repas et qu’il remuait la queue, uniquement pour lui.

Peut-être allait-on aussi le regretter dans le kiosque de la loterie où il jouait et où il se présentait avec détermination chaque vendredi, tellement sûr d’avoir en main le ticket gagnant. Et qui sait, l’employé du self-service le regretterait-il aussi.

Pour sa femme, il n’y avait pas à s’inquiéter. Ses enfants étaient grands et il avait laissé pour elle une belle somme, contractée auprès d’une compagnie d’assurances.

Ils avaient joui d’une vie longue et agréable, sans problèmes majeurs, et souvent, très souvent, ils avaient envisagé cette éventualité. Elle honorerait sa mémoire, c’était certain, avec la famille entière et les amis. Beaucoup de larmes seraient versées, mais elle poursuivrait son chemin jusqu’au jour où, à nouveau, elle finirait par le rejoindre.

Enfin, il n’avait rien sur la conscience qui lui pesât de façon anormale. Il n’avait été, selon lui, ni bon ni mauvais.

Le jour revint et avec lui les employés des pompes funèbres.

Ils l’emportèrent pour sa dernière promenade en ce monde. Ils l’installèrent face à l’autel dans une église et à nouveau il vit les gens en pleurs défiler devant sa petite fenêtre. Des inconnus passaient maintenant près de lui. Le curé prononça quelques mots auxquels il ne prêta pas attention, délibérément. Des âneries ! dit-il. Puis il vit comme on l’aspergeait, avec de l’eau du robinet sans doute, tandis que de l’assistance montaient les pleurs.

Ensuite on reprit la marche. Cette fois ce fut plus long parce qu’on traversa la ville. A l’arrivée, on le posa sur une sorte de brancard à roulettes et on le traîna par-delà de lugubres et silencieux portails de ciment et de fer.

Au bout du chemin, et cette fois c’était la bonne, tous se réunirent pour lui faire leurs derniers adieux. Quelques-uns chantèrent, d’autres égrenèrent leur chapelet, d’autres enfin n’eurent pas la force de prononcer un mot ; sa femme était de ceux-là.

Après un temps raisonnable ils partirent, et il cria pour les rappeler. Oubliant qu’ils ne pouvaient plus l’entendre. C’est alors qu’il mourut définitivement, comme mouraient les pas des siens au loin, là-bas au bout du corridor.

[haut]



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